Vous possédez un pastel, un fusain ou un dessin attribué à Odilon Redon ? La valeur des œuvres sur papier de l’artiste peut aller de quelques milliers à plusieurs centaines de milliers d’euros. Les grands pastels de fleurs figurent parmi ses œuvres graphiques les plus recherchées et peuvent dépasser largement 100 000 €.
Le prix dépend toutefois de nombreux éléments : technique, sujet, dimensions, période, provenance, état de conservation et présence de l’œuvre au catalogue raisonné.
France Estimations permet d’obtenir gratuitement et sans engagement une première estimation de votre pastel ou dessin d’Odilon Redon à partir de photographies.
Odilon Redon naît à Bordeaux en 1840 et meurt à Paris en 1916. Il est aujourd’hui considéré comme l’une des grandes figures du symbolisme et comme un artiste majeur du passage entre le XIXe et le XXe siècle.
Pendant une grande partie de sa carrière, Redon privilégie le dessin et notamment le fusain. Ses compositions sombres et fantastiques, qu’il désigne comme ses « Noirs », mettent en scène des visages, des créatures, des apparitions et des univers oniriques.
Le musée d’Orsay rappelle que Redon se consacre essentiellement à son œuvre graphique jusqu’au milieu des années 1890 et que ses fusains occupent une place fondamentale dans son travail.
La couleur apparaît progressivement. Redon réalise ses premiers pastels dès les années 1880, mais c’est surtout à partir de la décennie suivante qu’elle prend une place centrale. Le pastel lui permet de conserver la matière mate et poudreuse du fusain tout en développant une palette particulièrement intense.
Ses fleurs, portraits, figures mystiques et compositions symbolistes appartiennent à cette seconde partie de son œuvre.
Le marché des œuvres sur papier de Redon présente des écarts considérables.
Les fusains peuvent être adjugés quelques milliers d’euros pour des études moins ambitieuses, mais les compositions symbolistes importantes atteignent plusieurs dizaines de milliers d’euros et parfois davantage.
Les pastels colorés se situent généralement à un niveau supérieur, notamment les compositions florales bien documentées. Parmi les résultats étudiés, trois pastels autour du thème des fleurs ont obtenu 131 997 €, 180 498 € et 420 000 €.
Des résultats beaucoup plus élevés existent sur le marché international pour certains chefs-d’œuvre au pastel. Ils constituent cependant des cas exceptionnels et ne doivent pas servir de référence automatique pour une œuvre simplement attribuée à Redon.
Les montants du tableau sont arrondis à la dizaine pour faciliter la lecture. Chacun correspond à une adjudication réelle et distincte. Les lithographies et autres estampes ne sont pas intégrées, car elles appartiennent à un marché différent.
| Type d’œuvre d’Odilon Redon | Fourchette basse | Fourchette moyenne | Fourchette haute |
|---|---|---|---|
| Fusains originaux | 16 000 € | 65 000 € | 95 000 € |
| Pastels floraux et compositions de fleurs | 132 000 € | 180 500 € | 420 000 € |
Pour les fusains, L’Infante, vers 1880, a été adjugée 16 000 €. L’œuvre est signée et était accompagnée d’une attestation du Wildenstein Institute. Deux têtes de femmes, également intitulé Satan et la statue, a atteint 65 000 € ; l’œuvre figurait au catalogue raisonné et bénéficiait d’une importante provenance. Enfin, Personnages dans la forêt ou Entretien mystique, également répertorié au catalogue raisonné, a été adjugé 95 000 €.
Pour les pastels, Pensées, un bouquet de pensées, fleurs de méditation a obtenu 131 997 € en 2008. Bouquet de fleurs dans une ogive a été adjugé 180 498 € en 2006. Enfin, un grand pastel intitulé Fleurs, mesurant 60 × 40 cm et répertorié au catalogue raisonné, a atteint 420 000 € en 2011.
Le fusain est indissociable de l’œuvre de Redon.
Pendant plusieurs décennies, il utilise ce médium pour explorer un univers fantastique fait de figures isolées, d’apparitions, de paysages inquiétants et de créatures ambiguës. Le musée d’Orsay désigne ces œuvres comme les « Noirs » de l’artiste.
La valeur varie fortement selon le sujet et l’importance de la feuille.
L’Infante, fusain signé vers 1880, a été adjugée 16 000 €.
Une composition beaucoup plus élaborée comme Deux têtes de femmes, avec fusain, craie et encre sur papier teinté bleu, a atteint 65 000 €. Elle avait été achetée directement à Redon par Émile Bernard en 1904 et figurait dans plusieurs expositions et publications.
Personnages dans la forêt ou Entretien mystique, signé et répertorié au catalogue raisonné, a obtenu 95 000 €.
Certains fusains peuvent atteindre encore davantage. Visage derrière une fenêtre, fusain, estompe et grattage de 35,5 × 37 cm, a ainsi été adjugé 200 000 €. L’œuvre est reproduite au catalogue raisonné d’Alec Wildenstein.
Ce résultat exceptionnel est laissé hors tableau afin de ne pas surévaluer les fusains plus courants.
Les fleurs deviennent l’un des grands sujets de la période colorée de Redon.
Le pastel est particulièrement adapté à son travail : sa matière mate permet d’obtenir des couleurs profondes sans perdre la qualité veloutée qu’il appréciait dans le fusain. Le musée d’Orsay souligne d’ailleurs que Redon associe fréquemment pastel, fusain et autres crayons dans une même œuvre.
Pensées, un bouquet de pensées, fleurs de méditation, pastel signé de 41 × 34 cm, a été adjugé 131 997 €. L’œuvre appartenait à l’ancienne collection Jules Chavasse et figure au catalogue raisonné sous le numéro 1486.
Bouquet de fleurs dans une ogive, pastel de 63 × 48 cm, a atteint 180 498 €. Il associe un bouquet de fleurs à une figure féminine placée dans une architecture gothique et bénéficie d’une provenance ancienne.
Enfin, Fleurs, pastel sur papier de 60 × 40 cm, a été adjugé 420 000 €. Sa provenance particulièrement riche, ses nombreuses expositions et sa présence au catalogue raisonné contribuent à expliquer ce niveau de prix.
Toutes les œuvres au pastel de Redon ne représentent pas des fleurs.
À partir des années 1890, il développe également des figures mystiques, des personnages mythologiques, des visions et des compositions religieuses ou symbolistes.
Certaines de ces œuvres atteignent des prix très importants. Leur valeur dépend particulièrement de la qualité de la composition, du format, de la période et de leur importance dans l’œuvre de l’artiste.
Les résultats records ne doivent toutefois pas être utilisés comme une cote générale : un grand pastel publié et exposé depuis le début du XXe siècle n’est pas directement comparable à une étude plus petite ou moins documentée.
Redon est également un important lithographe.
Ses lithographies reprennent fréquemment l’univers sombre de ses « Noirs » et illustrent notamment des textes d’Edgar Allan Poe, Gustave Flaubert ou Charles Baudelaire.
Elles peuvent atteindre plusieurs milliers d’euros, mais une lithographie n’est pas un dessin ou un pastel unique.
Une épreuve des Yeux clos de 1890 a par exemple été adjugée 5 000 €. Une autre lithographie, La Mort : C’est moi qui te rends sérieuse ; enlaçons-nous !, issue de La Tentation de saint Antoine, a obtenu 2 726 €.
Ces résultats ne doivent donc pas être utilisés pour estimer un pastel original.
C’est le premier critère.
Une signature ou un monogramme « OR » ne permet pas d’authentifier une œuvre.
Le marché de Redon s’appuie largement sur le catalogue raisonné de l’œuvre peint et dessiné établi par Alec Wildenstein, publié en plusieurs volumes.
Les œuvres importantes étudiées dans cet article y sont régulièrement répertoriées avec un numéro précis.
La présence au catalogue raisonné ne détermine pas seule le prix, mais elle constitue un élément fondamental pour établir l’authenticité et l’historique d’une œuvre.
Il faut identifier précisément la technique.
Un pastel pur, un pastel associé au fusain, une sanguine, une aquarelle, un dessin au crayon ou un fusain ne se positionnent pas sur les mêmes niveaux de marché.
Redon utilise d’ailleurs fréquemment plusieurs médiums dans une même œuvre : le musée d’Orsay rappelle que le fusain reste souvent présent dans ses pastels et qu’il utilise aussi des crayons Conté et des crayons de pastel.
Le sujet peut avoir une influence très importante.
Les bouquets de fleurs, les compositions symbolistes, les figures mystiques et certains portraits font partie des sujets particulièrement recherchés.
Une étude de chevaux au fusain, par exemple, a obtenu 5 720 €, bien en dessous des grands fusains symbolistes du tableau.
Cela montre qu’il est dangereux de parler simplement d’un « prix moyen du fusain de Redon » sans tenir compte du sujet.
La carrière de Redon connaît une évolution particulièrement nette.
Les œuvres des années 1870 et 1880 appartiennent principalement à la période des Noirs. À partir des années 1890, la couleur s’impose progressivement dans son travail.
Cette distinction entre période noire et période colorée est essentielle pour comprendre le marché.
Elle ne signifie toutefois pas qu’un pastel soit toujours plus cher qu’un fusain : certaines compositions en noir exceptionnelles atteignent des montants très importants.
Une provenance ancienne constitue un atout majeur.
Parmi les œuvres étudiées figurent des provenances liées à Jules Chavasse, Émile Bernard, Adrien Hébrard ou encore différentes grandes galeries et collections privées.
Une transmission directe depuis l’artiste, une ancienne vente documentée ou une présence dans une collection historique peuvent fortement renforcer l’intérêt d’une œuvre.
Une œuvre reproduite dans un catalogue raisonné, publiée dans un ouvrage ou présentée lors de grandes expositions bénéficie d’un historique beaucoup plus facile à établir.
Le pastel Fleurs adjugé 420 000 € avait par exemple été présenté lors de plusieurs expositions consacrées à Redon et possédait une provenance internationale documentée.
Les dimensions jouent également un rôle.
Un pastel de 60 × 40 cm ou 63 × 48 cm offre une présence très différente d’une petite étude sur papier.
Il ne faut toutefois pas appliquer un simple prix au centimètre carré : sujet, qualité et provenance restent plus importants que le format pris isolément.
Le pastel est extrêmement fragile.
Sa matière poudreuse adhère faiblement au papier et peut être déplacée par un contact, une vibration ou un frottement.
Le musée d’Orsay souligne que Redon accordait lui-même une attention particulière à l’encadrement de ses pastels et qu’il évite même le fixatif dans ses œuvres tardives afin de préserver l’intensité des pigments.
Un pastel doit donc être manipulé avec beaucoup de précautions.
L’identification doit commencer par la technique et le support, puis être confrontée à la provenance et à la documentation.
Le pastel présente une surface mate et poudreuse.
Vu de près, le pigment peut former des traits, hachures et superpositions très visibles. Redon utilise notamment des stries et des hachures pour intensifier la vibration de la couleur.
Ne touchez jamais directement la surface pour « tester » si la matière est poudreuse.
Chez Redon, un pastel n’est pas nécessairement constitué uniquement de pastel.
Le fusain peut apparaître sous les couleurs ou servir à dessiner certaines formes. D’autres crayons et rehauts peuvent également être présents.
Cette combinaison ne doit donc pas être considérée comme anormale.
Les bouquets de fleurs de Redon présentent souvent des formes souples et des couleurs intenses qui semblent parfois se détacher d’un fond indéterminé.
D’autres pastels représentent des profils, des figures féminines, des visions, des personnages mythologiques ou des scènes religieuses.
Le sujet permet d’orienter la recherche, mais il ne suffit jamais pour attribuer une œuvre à Redon.
Redon signe certaines œuvres « Odilon Redon », souvent dans la partie basse de la composition.
Certaines œuvres ne sont cependant pas signées.
À l’inverse, une signature peut avoir été ajoutée ultérieurement. Dans les résultats de vente étudiés apparaît même un pastel « dans le goût de Redon » portant un monogramme apocryphe.
La signature ne doit donc jamais être considérée seule comme une preuve.
Photographiez les bords de la feuille et observez sa couleur, son épaisseur et sa texture.
Certains pastels sont exécutés sur des papiers colorés ou teintés, qui participent directement au rendu de l’œuvre.
Ne démontez toutefois pas un pastel ancien simplement pour voir le papier : l’opération peut provoquer une perte de matière.
Les anciennes étiquettes peuvent être essentielles.
Une étiquette de galerie, un numéro d’exposition, une ancienne marque de collection ou une référence de vente peuvent permettre de reconstituer la provenance.
Photographiez donc systématiquement le dos du cadre avant toute intervention.
Si vous possédez une documentation ancienne mentionnant un numéro Wildenstein, conservez-la et transmettez-la lors de la demande d’estimation.
Ne vous contentez toutefois pas d’une annotation manuscrite « catalogue Wildenstein » : la correspondance entre le numéro et l’œuvre doit être vérifiée.
Photographiez l’œuvre entière de face, avec une lumière naturelle homogène et sans reflet.
Ajoutez plusieurs gros plans permettant de voir la matière du pastel, les traits, les superpositions de couleurs et la signature éventuelle.
Photographiez ensuite les bords visibles de la feuille ainsi que les accidents, pertes de matière ou traces d’humidité.
Prenez également une photographie complète du dos du cadre et des différentes étiquettes.
Si vous possédez des certificats, factures, anciens catalogues, photographies ou documents de provenance, joignez-les à votre demande.
Indiquez enfin les dimensions exactes de la feuille et du sujet.
Ne retirez jamais vous-même un pastel fragile de son cadre si cela implique un contact avec la surface.
Un pastel signé Odilon Redon peut valoir plusieurs dizaines ou plusieurs centaines de milliers d’euros lorsqu’il est authentique et correctement documenté. Mais les écarts de prix sont considérables et une signature seule ne permet aucune conclusion.
Une estimation doit confronter la technique, le sujet, la période, l’état de conservation, la provenance et les références bibliographiques aux adjudications réellement obtenues pour des œuvres comparables.
France Estimations propose une estimation gratuite, confidentielle et sans engagement de votre pastel ou dessin d’Odilon Redon.
Elles appartiennent à la période colorée de l’artiste et permettent à Redon de déployer toute la richesse chromatique du pastel. Leur valeur dépend toutefois du format, de la composition, de la provenance et de la documentation.
Une signature ne suffit pas. Il faut étudier la technique, le papier, la provenance, les anciennes étiquettes et les références au catalogue raisonné. Une œuvre importante doit être confrontée aux archives et à la documentation existantes.
Le pastel est une œuvre originale réalisée directement sur le support. Une lithographie est une estampe imprimée à partir d’une matrice et peut exister en plusieurs exemplaires. Les deux marchés doivent donc être distingués.
Envoyez des photographies de l’œuvre entière, de la matière, de la signature, du dos du cadre et des éventuelles étiquettes. Ajoutez les dimensions et tous les documents de provenance disponibles. France Estimations permet d’obtenir gratuitement une première estimation.
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