Vous possédez une icône, un kovsh, une boîte ou une pièce d’orfèvrerie signée Ovtchinnikov ? Selon son authenticité, sa technique et sa provenance, sa valeur peut aller de quelques centaines à plusieurs centaines de milliers d’euros.
Pavel Akimovitch Ovtchinnikov naît en 1830 et meurt à Moscou en 1888. Ancien serf du prince Volkonski, il se fait remarquer pour ses talents de dessinateur avant de fonder son propre atelier. Sa maison d’orfèvrerie est créée à Moscou en 1853.
En 1865, son travail est récompensé lors d’une exposition à Moscou. Il devient ensuite fournisseur officiel de la cour impériale russe. Une succursale ouvre à Saint-Pétersbourg en 1873 et l’entreprise poursuit son activité sous la direction de ses fils après sa mort.
La maison est particulièrement connue pour ses objets en argent doré, ses émaux cloisonnés et champlevés, ainsi que ses décors inspirés du style néo-russe. Elle produit des icônes, des kovshs, des salières, des coffrets, des services à thé et des objets de présentation.
La cote varie selon la taille, le poids, la technique, l’état et la provenance.
| Type d’objet | Valeur indicative |
|---|---|
| Cuillère ou petit objet en argent | 100 à 800 euros |
| Salière, gobelet ou petite boîte | 500 à 3 000 euros |
| Kovsh ou coffret émaillé | 2 000 à 15 000 euros |
| Icône avec oklad en argent | 2 000 à 25 000 euros |
| Service complet en argent et émail | 10 000 à 50 000 euros |
| Pièce historique exceptionnelle | Plus de 100 000 euros |
Les petites pièces restent relativement accessibles. Une boîte émaillée a été adjugée 1 000 euros, une coupe à anse 850 euros, une louche en forme de kovsh 800 euros et un petit pot en argent trompe-l’œil 448 euros.
Les objets en émail cloisonné atteignent souvent des prix plus importants. Un kovsh en argent doré et laque rouge a été vendu 5 650 euros, tandis qu’un coffret en argent doré et émail a atteint 6 050 euros.
Une paire de vases Art nouveau en vermeil et émaux polychromes a été adjugée 21 000 euros. Une importante bratina en vermeil et émail cloisonné a, quant à elle, été vendue 25 000 euros en 2024.
Les œuvres les plus exceptionnelles peuvent atteindre plusieurs centaines de milliers d’euros. Un service à vin en argent doré et émail champlevé, daté de 1873, a été adjugé 229 000 euros. Un grand coffret de la même période a atteint 356 000 euros.
Les icônes constituent une part importante du marché de la maison.
Une icône avec oklad en argent simple peut se vendre entre 2 000 et 5 000 euros. Les exemplaires enrichis d’émaux cloisonnés, de perles, de pierres ou d’une provenance prestigieuse peuvent dépasser 15 000 euros.
Une icône de la Vierge de Kazan a été vendue 21 211 francs suisses. Un triptyque représentant saint Georges, sainte Catherine et saint Serge de Radonège a atteint 15 100 euros.
Une icône de la Vierge de Vladimir avec bordure en argent et émaux a également été adjugée 20 000 euros.
À l’inverse, un petit médaillon du Christ Pantocrator en argent et vermeil a été vendu 570 euros. Le format, l’état de la peinture et la richesse de l’oklad expliquent donc une grande partie des écarts.
Le marché reste soutenu pour les pièces authentiques portant des poinçons lisibles et cohérents.
Les collectionneurs recherchent particulièrement les émaux polychromes, les décors néo-russes, les grands services de présentation et les objets accompagnés de leur écrin d’origine.
Une pièce importante, complète et bien documentée peut dépasser largement son estimation. À l’inverse, un objet restauré, incomplet ou muni de marques douteuses peut rester invendu.
Les résultats récents montrent aussi que les petites pièces décoratives se négocient généralement entre quelques centaines et quelques milliers d’euros, tandis que les œuvres majeures se situent dans une catégorie de prix totalement différente.
Les poinçons doivent être examinés en priorité. On rencontre notamment le nom Ovtchinnikov en cyrillique, le titre d’argent « 84 », « 88 » ou « 91 », le poinçon de Moscou et parfois l’aigle bicéphale du privilège impérial.
La présence de cet aigle ne garantit toutefois pas l’authenticité. Certains objets du XXe siècle portent de fausses marques russes.
La technique de l’émail constitue un autre critère essentiel. Les émaux anciens doivent présenter des cloisons régulières, des couleurs harmonieuses et une finition précise.
L’état de conservation influence directement la valeur. Les manques d’émail, les bosses, les restaurations et les éléments remplacés peuvent entraîner une décote importante.
La provenance peut enfin augmenter fortement le prix. Un objet provenant d’une collection impériale, d’une exposition internationale ou d’une famille historique sera généralement plus recherché.
Forte de son expérience du marché de l’art, notre équipe de spécialistes réalise une estimation gratuite de votre objet d’orfèvrerie Ovtchinnikov. Cette estimation prend en compte les résultats obtenus récemment en salle des ventes pour des objets similaires.
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Non. Il existe des poinçons d’imitation et des objets plus récents réalisés dans le style russe. Une expertise est recommandée.
Le poinçon « 84 » correspond à un titre d’argent russe exprimé en zolotniks, soit environ 875 millièmes.
Les services complets, les grands kovshs, les icônes enrichies d’émaux ou de pierres et les objets de présentation à provenance historique sont généralement les plus recherchés.