Vous possédez un pot-pourri ancien en porcelaine, faïence, bronze, marbre ou argent ? Sa valeur peut aller de quelques dizaines d’euros pour un modèle décoratif courant à plusieurs dizaines de milliers d’euros pour une pièce rare du XVIIIe siècle.
L’époque, la manufacture, la qualité de la monture, les matériaux, la provenance et l’état de conservation jouent un rôle essentiel dans son estimation.
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À l’origine, le terme « pot-pourri » désigne un mélange de fleurs, plantes et substances aromatiques utilisé pour parfumer les intérieurs. Par extension, il désigne le récipient destiné à contenir ce mélange et à laisser diffuser son parfum.
Le pot-pourri se reconnaît généralement à son couvercle ou à sa monture ajourée, qui permet aux senteurs de se diffuser.
Au XVIIIe siècle, il devient également un véritable objet de décoration et de luxe. Sous Louis XV et Louis XVI, les modèles les plus élaborés associent parfois plusieurs matériaux : porcelaine européenne ou asiatique, laque, bronze doré, marbre, pierre dure ou argent.
Les marchands-merciers parisiens jouent alors un rôle important en faisant monter certaines porcelaines ou laques importées de Chine et du Japon dans des garnitures de bronze doré adaptées au goût français.
La valeur d’un pot-pourri varie considérablement selon son époque, sa qualité et ses matériaux.
Un modèle décoratif tardif ou une production courante peut rester sous quelques centaines d’euros. Les pièces anciennes en porcelaine, marbre, argent ou bronze peuvent atteindre plusieurs milliers d’euros lorsqu’elles sont bien exécutées.
Les pots-pourris du XVIIIe siècle, notamment ceux associant des porcelaines de Chine ou du Japon à des montures françaises en bronze doré, peuvent atteindre des montants beaucoup plus élevés.
| Type de pot-pourri | Fourchette basse | Fourchette moyenne | Fourchette haute |
|---|---|---|---|
| Pots-pourris décoratifs ou productions tardives | 80 € | 160 € | 520 € |
| Pots-pourris anciens ou montés de qualité | 600 € | 1 500 € | 3 100 € |
| Pièces rares du XVIIIe siècle et montures importantes | 7 200 € | 10 600 € | 40 000 € |
Ces repères doivent être adaptés à chaque objet : l’origine de la porcelaine ou de la laque, la qualité de la monture, la période et l’état peuvent modifier considérablement la valeur.
La porcelaine est l’un des matériaux les plus fréquents.
Les productions de Sèvres, Saint-Cloud ou Meissen peuvent être recherchées lorsqu’elles sont anciennes et correctement identifiées.
Au XVIIIe siècle, la manufacture de Sèvres développe plusieurs formes particulièrement ambitieuses. Le célèbre pot-pourri à vaisseau, modelé par Jean-Claude Duplessis, apparaît en 1758. Ces pièces richement peintes et dorées comptent parmi les créations les plus sophistiquées de la manufacture.
Une marque sous la base peut aider à identifier une manufacture, mais elle doit toujours être étudiée avec la forme, le décor, la pâte et la période de fabrication.
Les porcelaines asiatiques occupent une place particulière sur le marché.
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, des porcelaines de Chine ou du Japon sont importées en Europe puis parfois transformées ou enrichies par des montures en bronze doré.
La valeur dépend alors à la fois de la qualité de la porcelaine et de celle de la monture européenne.
Une paire de pots-pourris en porcelaine du Japon d’époque Edo avec montures françaises du XVIIIe siècle a ainsi atteint 7 200 €.
Un pot-pourri d’époque Louis XV intégrant une porcelaine chinoise de la période Kangxi, de la laque japonaise et une monture en bronze doré a dépassé 10 000 €.
Sous Louis XVI puis au XIXe siècle, de nombreux pots-pourris prennent la forme de vases ou d’athéniennes en marbre associés à des montures en bronze doré.
Le marbre blanc, le marbre bleu Turquin, le rouge Levanto ou d’autres pierres peuvent être utilisés.
La qualité de la ciselure du bronze est déterminante. Une monture fine, homogène et bien proportionnée peut fortement augmenter la valeur de l’ensemble.
Les productions du XIXe siècle dans le goût du XVIIIe peuvent également atteindre plusieurs milliers d’euros lorsqu’elles sont particulièrement bien exécutées.
Certains pots-pourris sont réalisés en argent massif.
Leur valeur dépend du poids du métal, mais aussi de l’époque, de l’orfèvre, des poinçons, de la qualité de la ciselure et de la rareté du modèle.
Un pot-pourri en argent ne doit donc pas être estimé uniquement selon la valeur de son métal.
Les pots-pourris utilisant des laques japonaises peuvent atteindre des niveaux particulièrement élevés lorsque la laque est ancienne et associée à une importante monture de bronze doré.
Une rare paire de pots couverts en laque du Japon du XVIIIe siècle, transformés en pots-pourris grâce à leur monture, a atteint 20 000 €.
Ces objets se situent à la rencontre du marché de la laque asiatique et de celui des objets d’art français.
La datation est essentielle.
Les pots-pourris du XVIIIe siècle, particulièrement ceux d’époque Louis XV ou Louis XVI, peuvent être beaucoup plus recherchés que certaines productions plus tardives de style Louis XV ou Louis XVI.
Cependant, une belle pièce du XIXe siècle peut également avoir de la valeur lorsqu’elle est réalisée avec des matériaux et une monture de qualité.
Une attribution à une manufacture reconnue peut transformer la valeur d’un objet.
Pour les porcelaines européennes, recherchez notamment les marques de Sèvres, Meissen, Saint-Cloud ou d’autres manufactures.
Pour les porcelaines chinoises et japonaises, la période de fabrication, la qualité du décor et la nature de la pâte sont particulièrement importantes.
La monture peut représenter une part essentielle de la valeur.
Observez la précision de la ciselure, la qualité de la dorure et la cohérence entre le vase et les éléments métalliques.
Sur certaines pièces du XVIIIe siècle, la monture française a été spécialement créée pour transformer une porcelaine ou une laque étrangère en objet décoratif européen.
Un pot-pourri peut prendre de nombreuses formes : vase couvert, coupe, urne, athénienne, animal ou objet monté.
La présence d’ajours est souvent un indice important, puisqu’ils permettent la diffusion du parfum.
Certaines formes historiques, notamment les modèles de Sèvres du XVIIIe siècle, sont particulièrement rares.
Inspectez le dessous du pot-pourri, mais également la monture et le couvercle.
Une marque de manufacture, un poinçon d’orfèvre, un numéro ou une signature peuvent faciliter l’identification.
Il faut cependant rester prudent : certaines marques anciennes ont été imitées ou reprises sur des productions plus tardives.
Les pots-pourris sont souvent constitués de plusieurs éléments fragiles.
Recherchez les fêles, éclats, restaurations, recollages, éléments remplacés ou montures rapportées.
Un couvercle manquant peut être particulièrement pénalisant puisque celui-ci constitue souvent une partie essentielle de la fonction et du décor de l’objet.
Commencez par observer le couvercle et les parties ajourées. Leur présence est souvent le premier indice de la fonction de l’objet.
Examinez ensuite la matière : porcelaine, faïence, bronze, marbre, argent, laque ou pierre dure.
Retournez délicatement l’objet pour rechercher une marque de manufacture, un poinçon, un numéro ou une ancienne étiquette.
Étudiez également les assemblages. Sur un pot-pourri monté, la porcelaine peut être plus ancienne que le bronze qui l’entoure, ou la monture peut avoir été ajoutée postérieurement.
Enfin, ne vous fiez pas uniquement au style. De nombreux pots-pourris du XIXe siècle reprennent volontairement les formes et les décors du XVIIIe siècle.
Photographiez l’objet dans son ensemble, de face et de profil.
Ajoutez une photographie du couvercle et des parties ajourées.
Prenez également le dessous de l’objet et tous les marques, poinçons, signatures, numéros ou étiquettes.
Si le pot-pourri comporte une monture en bronze, photographiez précisément les anses, le pied, les attaches et les détails de la ciselure.
Enfin, envoyez des gros plans des éventuels éclats, fêles, restaurations ou éléments manquants et indiquez les dimensions exactes.
Pour estimer un pot-pourri ancien, il faut identifier sa période, son matériau, sa manufacture éventuelle et déterminer si ses différentes parties sont contemporaines.
La qualité de la porcelaine, de la laque ou du marbre, mais aussi celle de la monture en bronze, peuvent avoir une influence considérable sur le prix.
France Estimations vous propose une estimation gratuite, confidentielle et sans engagement. Envoyez quelques photographies de votre objet, de sa base, de son couvercle et des éventuelles marques : vous recevez une réponse sous 24 heures.
Il faut examiner sa matière, sa forme, ses marques et son mode de fabrication. La qualité des bronzes, l’usure, les marques de manufacture et les techniques de décoration permettent notamment d’orienter la datation.
Le pot-pourri possède généralement des parties ajourées destinées à laisser diffuser le parfum. Un vase couvert classique peut lui ressembler mais ne présente pas nécessairement ces ouvertures.
Non. Il faut distinguer une production authentique de la manufacture de Sèvres d’une pièce simplement « dans le goût de Sèvres ». La période, le décor, la marque et la qualité d’exécution doivent être étudiés ensemble.
Oui. Une restauration réduit généralement la valeur, mais une pièce rare du XVIIIe siècle peut rester recherchée malgré des accidents ou des réparations anciennes.
L’étude des fixations, de la dorure, de la ciselure et de l’usure permet de déterminer si la monture semble contemporaine du vase. Sur les pièces importantes, cette question doit être examinée par un spécialiste.