Vous possédez un dessin attribué à Paul Gauguin, une étude au crayon, un fusain, une aquarelle ou un dessin-empreinte ? Les œuvres sur papier de l’artiste présentent des valeurs très variables. Une feuille de croquis peut atteindre plusieurs milliers d’euros, tandis qu’un dessin documenté, lié à une œuvre majeure ou réalisé pendant les séjours polynésiens de Gauguin peut dépasser plusieurs dizaines de milliers d’euros.
La technique ne suffit cependant pas à déterminer le prix. Le sujet, la période, la provenance, la présence dans la bibliographie consacrée à Gauguin et surtout l’authenticité de l’œuvre sont déterminants.
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Né à Paris en 1848, Paul Gauguin exerce d’abord comme agent de change avant de se consacrer progressivement à la peinture. Il participe aux expositions impressionnistes puis s’éloigne de cette esthétique au cours des années 1880.
Ses séjours en Bretagne, notamment à Pont-Aven à partir de 1886, jouent un rôle majeur dans l’évolution de son travail. Avec des artistes comme Émile Bernard, il participe au développement du synthétisme, fondé notamment sur une simplification des formes et une conception nouvelle de la couleur.
Gauguin séjourne également en Martinique puis part pour Tahiti en 1891. Après un retour en France entre 1893 et 1895, il repart définitivement dans le Pacifique. Il termine sa vie aux îles Marquises, où il meurt en 1903.
Le dessin accompagne toutes ces périodes. Gauguin travaille au crayon, au fusain, à l’encre et à l’aquarelle. Il réalise des études de figures, des portraits, des paysages et des dessins préparatoires, mais développe aussi une technique particulière appelée dessin-empreinte, proche du monotype.
Il n’existe pas de cote unique pour un dessin de Gauguin.
Dans les adjudications étudiées, les dessins au crayon ou au fusain atteignent déjà plusieurs milliers d’euros. Une feuille de croquis à la mine de plomb a ainsi obtenu 6 444 €, tandis qu’une étude de rochers au crayon a été adjugée 21 599 €.
Les dessins-empreintes documentés se situent également à des niveaux élevés. Les résultats étudiés vont de 12 000 € à 37 176 €, selon le sujet, la provenance et le lien de la feuille avec le reste de l’œuvre de Gauguin.
Certaines aquarelles et techniques mixtes particulièrement documentées peuvent atteindre des montants encore supérieurs.
| Type de dessin de Paul Gauguin | Fourchette basse | Fourchette moyenne | Fourchette haute |
|---|---|---|---|
| Dessins au crayon, mine de plomb ou fusain | 6 440 € | 11 150 € | 21 600 € |
| Dessins-empreintes et monotypes dessinés | 12 000 € | 15 500 € | 37 180 € |
Pour les dessins au crayon et au fusain, une Feuille de croquis vers 1890-1893, à la mine de plomb, a été adjugée 6 444 €. Une Femme assise de 1881, exécutée au fusain et au crayon sur papier gris, a atteint 11 152 €. Enfin, une Étude de rochers au crayon sur papier, provenant de l’ancienne collection Victor Segalen et accompagnée de certificats, a obtenu 21 599 €.
Pour les dessins-empreintes, un Homme vu de dos tenant une baguette, documenté dans la bibliographie consacrée aux monotypes de Gauguin, a été adjugé 12 000 €. Un Torse de femme, étude pour La Jeune fille à l’éventail et Et l’or de leur corps, a atteint 15 500 €. Enfin, une Tête de Tahitienne couronnée de fleurs, étude pour Contes barbares, a été adjugée 37 176 €.
Les études au crayon constituent une partie importante de l’œuvre graphique de Gauguin.
Une feuille peut atteindre plusieurs milliers d’euros lorsqu’elle est authentifiée et correctement documentée. La Feuille de croquis adjugée 6 444 € comporte plusieurs études de figures et porte la signature « P Gauguin ». Elle provient de la Galerie Marcel Guiot.
L’Étude de rochers, adjugée 21 599 €, bénéficie quant à elle d’une provenance ancienne, l’ancienne collection Victor Segalen, ainsi que de documents relatifs à son authenticité.
La différence de prix ne dépend donc pas uniquement de la technique ou de la complexité du dessin. La provenance et la documentation peuvent jouer un rôle majeur.
Les portraits et études de figures au fusain peuvent également dépasser 10 000 €.
Le Portrait de Clovis, daté de 1879, est un fusain signé et annoté au verso par Gauguin. Accompagné d’un certificat du Wildenstein Institute, il a été adjugé 12 000 €.
Une Femme assise de 1881, au fusain et crayon sur papier gris, comportant au verso une étude de jeune garçon, a obtenu 11 152 €. L’œuvre devait être incluse au catalogue raisonné digital Gauguin.
Ces deux résultats montrent l’importance de la documentation et de l’authentification pour les premières œuvres graphiques de Gauguin.
Gauguin développe une technique particulière généralement désignée comme dessin-empreinte.
Le principe consiste à placer une feuille contre un support préalablement encré puis à tracer le dessin au crayon. La pression provoque le transfert de l’encre sur l’autre face de la feuille. Plusieurs œuvres de Gauguin présentent ainsi une composition au crayon d’un côté et une empreinte inversée de l’autre.
Le marché distingue particulièrement les feuilles documentées et pouvant être reliées à des œuvres connues.
Le Torse de femme, adjugé 15 500 €, est une étude pour deux peintures : La Jeune fille à l’éventail et Et l’or de leur corps. La feuille avait appartenu aux collections Vollard puis Olivier Sainsère et avait été exposée dès 1906.
La Tête de Tahitienne couronnée de fleurs, adjugée 37 176 €, est une étude pour Contes barbares. Elle provenait également d’Ambroise Vollard puis de la Galerie Marcel Guiot et figure dans plusieurs publications consacrées à Gauguin.
Les feuilles combinant aquarelle, encre, fusain ou crayon constituent un autre segment du marché.
La Case, vers 1895, est réalisée à l’aquarelle, à l’encre et au crayon, avec des personnages dessinés au verso. Provenant de l’ancienne collection Daniel de Monfreid et répertoriée dans les archives du Wildenstein Institute, elle a été adjugée 18 000 €.
D’autres œuvres sur papier associant plusieurs techniques peuvent atteindre des montants nettement supérieurs lorsqu’elles bénéficient d’une provenance importante et d’une solide documentation.
Cette catégorie n’est pas intégrée au tableau car les résultats disponibles ne permettent pas de sélectionner trois comparables suffisamment homogènes.
C’est le critère essentiel.
Une simple signature « Gauguin » ou « P. Gauguin » ne permet jamais d’authentifier une feuille.
Pour les œuvres importantes, il faut rechercher leur présence dans les catalogues, archives et publications consacrés à Gauguin. Plusieurs dessins vendus aux enchères sont accompagnés d’un certificat, d’un avis d’inclusion ou d’une référence au Wildenstein Institute puis au Wildenstein Plattner Institute.
La Femme assise adjugée 11 152 € devait ainsi être incluse au catalogue raisonné digital, tandis que l’Étude de rochers à 21 599 € était accompagnée d’un certificat du Wildenstein Institute.
Une provenance ancienne et continue peut avoir une importance considérable.
Les noms d’Ambroise Vollard, Daniel de Monfreid ou Victor Segalen apparaissent notamment dans les provenances des œuvres étudiées.
La provenance doit cependant pouvoir être documentée. Une transmission familiale non accompagnée de documents n’offre pas les mêmes garanties qu’une succession de collections attestée par des catalogues de ventes, factures, correspondances ou étiquettes anciennes.
Les thèmes liés à la Bretagne et à la Polynésie occupent une place importante dans l’œuvre de Gauguin.
Les figures tahitiennes et les études pouvant être reliées à des peintures connues peuvent susciter un intérêt particulier. Cela ne signifie toutefois pas qu’un dessin tahitien soit automatiquement plus cher qu’une œuvre d’une autre période.
La Tête de Tahitienne couronnée de fleurs, reliée à Contes barbares, a ainsi atteint 37 176 €, contre 6 444 € pour la feuille de croquis.
Une étude préparatoire identifiable peut présenter un intérêt particulier.
Le Torse de femme vendu 15 500 € peut être relié à deux peintures de Gauguin, tandis que la Tête de Tahitienne à 37 176 € constitue une étude pour Contes barbares.
La présence du même motif dans un tableau, un manuscrit ou une autre œuvre peut donc contribuer à déterminer la place du dessin dans le processus créatif de Gauguin.
Les dessins de Gauguin couvrent plusieurs moments très différents de sa carrière.
Une œuvre des années 1870-1880 appartient à ses premières années artistiques. Les feuilles bretonnes des années 1880-1890 sont liées aux recherches menées autour de Pont-Aven et du synthétisme. Les œuvres tahitiennes et marquisiennes appartiennent à une autre phase de son travail.
La période ne suffit toutefois jamais, à elle seule, à déterminer le prix : qualité, sujet, provenance et documentation restent essentiels.
Crayon, fusain, aquarelle, encre et dessin-empreinte ne se valorisent pas nécessairement de la même manière.
Il faut surtout distinguer un dessin original d’une estampe. Gauguin a réalisé de nombreuses gravures sur bois, zincographies et lithographies. Ces œuvres peuvent être très recherchées, mais leur marché est différent.
Une lithographie ou une gravure ne doit donc pas être utilisée comme comparable direct pour estimer un dessin unique.
Les œuvres sur papier sont fragiles.
Rousseurs, plis, déchirures, papier insolé, marges coupées ou restaurations peuvent influencer la valeur. Leur présence n’empêche cependant pas nécessairement une adjudication importante lorsque la feuille est rare et correctement documentée.
La Tête de Tahitienne couronnée de fleurs à 37 176 € présentait ainsi deux petites amincissures et des marges refaites.
L’identification d’une œuvre de Gauguin ne peut pas reposer sur une signature ou sur une ressemblance stylistique. Plusieurs éléments doivent être étudiés ensemble.
Commencez par déterminer si vous êtes face à un dessin original ou à une impression.
Un trait de graphite, de fusain ou de crayon présente généralement des variations de pression et de matière. Une aquarelle laisse apparaître les transparences et les différences de concentration des pigments.
Une gravure ou une lithographie est au contraire obtenue par impression à partir d’une matrice.
Cette distinction est fondamentale car une estampe originale de Gauguin peut avoir de la valeur, mais elle ne doit pas être estimée comme un dessin unique.
Chez Gauguin, le verso est particulièrement important.
Plusieurs œuvres étudiées comportent un second dessin ou une empreinte au verso. La Femme assise présente par exemple un jeune garçon sur l’autre face, tandis que La Case comporte des personnages au verso.
Sur les dessins-empreintes, les deux faces sont directement liées au procédé utilisé par l’artiste.
Il faut donc photographier systématiquement le recto et le verso avant une estimation.
Gauguin peut signer « Paul Gauguin », « P Gauguin » ou utiliser d’autres inscriptions.
La feuille de croquis adjugée 6 444 € est signée « P Gauguin » et porte également un numéro au crayon bleu.
Le Portrait de Clovis comporte une annotation au verso mentionnant notamment Paul Gauguin, Paris, 1879 et le nom du modèle.
Ces mentions doivent être photographiées mais jamais considérées seules comme une preuve d’authenticité.
Un numéro au crayon, une annotation manuscrite ou une marque ancienne peut aider à retrouver l’histoire de la feuille.
Ces éléments peuvent correspondre à une ancienne collection, une exposition, une publication ou une numérotation d’atelier.
Ne gommez donc jamais une inscription ancienne, même si elle paraît sans importance.
Regardez la couleur, l’épaisseur et la texture du papier.
Les papiers anciens peuvent présenter une légère oxydation, des rousseurs ou des marques de montage. À l’inverse, un support manifestement récent peut être un premier signal d’alerte pour une œuvre supposée dater du XIXe siècle.
L’examen du papier ne suffit toutefois pas à authentifier un Gauguin.
Les anciennes étiquettes de galerie, d’exposition ou de vente peuvent être essentielles pour reconstituer la provenance.
Même si le cadre paraît sans intérêt, conservez-le. Une étiquette de galerie, une ancienne référence d’exposition ou un numéro de collection peut permettre de retrouver l’œuvre dans des archives.
Factures, certificats, photographies anciennes, catalogues d’exposition, correspondances ou inventaires familiaux doivent être conservés.
Pour Gauguin, dont les œuvres sur papier peuvent présenter des historiques complexes, ces documents peuvent jouer un rôle majeur dans l’identification.
Un dessin ne doit pas simplement « ressembler à Gauguin ».
Le motif peut parfois être retrouvé dans une peinture, une gravure ou un manuscrit. Le Torse de femme adjugé 15 500 € est ainsi identifié comme une étude pour deux peintures connues.
Cette correspondance peut être très utile, mais elle ne constitue pas à elle seule une preuve d’authenticité : les copies et reprises de compositions connues existent également.
Photographiez d’abord la feuille entière de face.
Prenez ensuite plusieurs gros plans du trait, de la signature, des annotations et des éventuels numéros.
Photographiez impérativement le verso, même s’il semble vide.
Ajoutez les photographies des étiquettes présentes au dos du cadre ainsi que celles des certificats, factures ou autres documents accompagnant l’œuvre.
Indiquez enfin les dimensions exactes de la feuille, la technique supposée et tout élément connu sur sa provenance.
Ne retirez pas une œuvre fragile de son montage si cette opération risque d’endommager le papier.
Un dessin portant la signature de Paul Gauguin peut valoir plusieurs milliers ou plusieurs dizaines de milliers d’euros s’il s’agit d’une œuvre authentique et correctement documentée. Mais une signature seule ne constitue jamais une authentification.
L’étude doit prendre en compte la technique, le support, les inscriptions, le recto et le verso, la provenance, les références bibliographiques et les éventuels liens avec des œuvres connues avant de comparer le dessin aux adjudications réellement obtenues pour des feuilles similaires.
France Estimations propose une estimation gratuite, confidentielle et sans engagement de votre dessin de Paul Gauguin.
Une signature ne suffit pas. Il faut étudier le papier, la technique, la provenance, les inscriptions et les références bibliographiques. La présence dans un catalogue raisonné ou un avis émanant de l’organisme compétent constitue un élément important.
Ils peuvent être particulièrement recherchés, surtout lorsqu’ils sont documentés et liés à des œuvres connues. Mais la période tahitienne ne garantit pas à elle seule un prix élevé : authenticité, provenance, sujet et état restent essentiels.
Un dessin est généralement une œuvre unique réalisée directement sur le support. Une gravure, une lithographie ou une zincographie est obtenue par impression à partir d’une matrice et peut exister en plusieurs épreuves. Leurs marchés doivent donc être distingués.
Envoyez des photographies du recto, du verso, de la signature, des inscriptions, des étiquettes et des documents disponibles. Ajoutez les dimensions et les informations connues sur la provenance. France Estimations permet d’obtenir gratuitement une première estimation.
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