Vous possédez une montre, une pendule ou un objet horloger signé François-Louis Godon et souhaitez connaître sa valeur ? Les pièces de cet horloger de la fin du XVIIIe siècle sont rares sur le marché. Leur prix dépend notamment du type de mouvement, des matériaux, des émaux, des complications et, surtout, de leur lien éventuel avec la cour d’Espagne.
La valeur actuelle des pièces de François-Louis Godon s’explique en grande partie par la place singulière qu’il occupe dans l’horlogerie française et espagnole de la fin du XVIIIe siècle.
François-Louis Godon exerce à Paris et est reçu maître-horloger en 1787. Les sources anciennes le situent notamment rue de Valois-Saint-Honoré entre 1789 et 1790. Il travaille également avec Jean-Baptiste André Furet, horloger ordinaire du roi Louis XVI.
Son activité est surtout liée à la monarchie espagnole. Godon est nommé Relojero de Cámara en 1786 et devient l’un des fournisseurs importants de la cour. Le Patrimonio Nacional espagnol le présente comme l’un des principaux marchands-fournisseurs de Charles IV, auquel il fournit de nombreuses horloges, certaines portant sa signature et d’autres réalisées par des horlogers français comme Furet, De Belle ou Bourdier.
Son rôle ne se limite donc pas à la fabrication d’un mouvement. Il intervient également dans un commerce de luxe associant horlogerie, bronzes dorés, porcelaines et objets décoratifs destinés aux résidences royales espagnoles.
Une partie importante de ces créations est aujourd’hui conservée dans les collections royales espagnoles et dans les musées madrilènes, ce qui contribue à la rareté des pièces disponibles aux enchères.
La cote de François-Louis Godon est difficile à résumer par une fourchette unique. Ses montres apparaissent rarement en vente et leurs caractéristiques peuvent être très différentes.
Les modèles relativement simples ne doivent pas être comparés directement aux montres en or enrichies d’émaux, de calendriers, de portraits royaux ou de complications astronomiques. Certaines pièces remarquables ont ainsi dépassé plusieurs dizaines de milliers de francs suisses, tandis qu’un exemplaire exceptionnel a franchi les 200 000 francs suisses aux enchères.
Une montre vers 1790 en or 18 carats, dotée d’un calendrier complet avec phases de lune et indications du jour et du mois, a notamment été vendue 205 000 en 1991.
Ce résultat exceptionnel montre qu’une montre de François-Louis Godon ne se valorise pas uniquement par son nom : complexité mécanique, destination royale, qualité du boîtier et importance historique peuvent modifier considérablement son prix.
Les adjudications connues permettent de disposer de quelques points de comparaison fiables, même si le marché reste très étroit.
| Type d’œuvre | Fourchette basse | Fourchette moyenne | Fourchette haute |
|---|---|---|---|
| Montres anciennes signées F. L. Godon | 22 000 euros | 42 000 euros | 205 000 euros |
Ces trois montants correspondent à trois adjudications distinctes et non à des estimations : une montre en or et émail avec date républicaine vendue 21 850 euros en 2001, une montre de présentation royale avec portrait de Charles IV vendue 41 400 euros en 2005 et une montre astronomique de voyage vendue 204 250 euros en 1991.
Ces références doivent toutefois être interprétées avec prudence : le nombre de pièces de Godon proposées aux enchères est insuffisant pour établir une cote aussi régulière que celle d’une grande manufacture moderne.
Les écarts de valeur sont particulièrement importants selon le degré de sophistication et l’histoire de chaque pièce.
Les montres associant or et émail constituent l’un des ensembles les plus représentatifs du marché de François-Louis Godon.
Une montre réalisée vers 1800, avec boîtier en or et émail bleu, indication de la date selon le calendrier révolutionnaire et châtelaine assortie, a été vendue 22 000 euros en 2001. La pièce a ensuite réapparu en 2020 avec une estimation de 12 000 à 18 000 euros.
Son cadran indique les trente jours du calendrier républicain. Le boîtier présente un décor émaillé représentant un char conduit par une figure mythologique. La présence de la châtelaine d’origine augmente également l’intérêt de l’ensemble.
Ce type de pièce montre combien l’intégrité de l’objet et la présence de ses accessoires historiques peuvent participer à sa valeur.
Le lien avec la monarchie espagnole est l’un des critères les plus importants dans la cote de François-Louis Godon.
En 2005, a été présenté une montre de poche en or 18 carats réalisée vers 1800 et offerte à Don Francisco de Soria. Son couvercle dissimulait un portrait de Charles IV. Estimée entre 33 000 et 43 000 francs suisses, elle a été vendue 42 000 euros.
Un autre exemple particulièrement intéressant a été proposé en 2012. Cette montre en or jaune d’environ 1790, d’un diamètre de 60 mm, possède un portrait émaillé dissimulé de Charles IV d’Espagne. Le mouvement et la cuvette portent la signature de Godon et son titre d’horloger de la Chambre de Sa Majesté Catholique. Elle était estimée entre 20 000 et 30 000 euros.
La présence d’un portrait royal, d’armoiries ou d’une inscription permettant de relier une montre à son commanditaire peut ainsi la placer dans une catégorie de collection très différente d’une montre simplement signée.
Les complications peuvent faire fortement progresser le prix d’une montre François-Louis Godon.
Le résultat le plus spectaculaire parmi les ventes documentées concerne une montre astronomique en or 18 carats, réalisée vers 1790. Elle comporte notamment un calendrier complet avec date, jour, mois et phases de lune.
Estimée entre 35 000 et 45 000 euros, elle a atteint 205 000 euros en 1991, soit plus de quatre fois son estimation haute.
La dimension importante de la montre, 78 mm, sa qualité d’exécution, son calendrier complexe et son association à un horloger de la cour d’Espagne expliquent en partie cette adjudication particulièrement élevée.
Le marché de François-Louis Godon est trop rare pour parler d’une évolution régulière de la cote année après année.
Les adjudications montrent plutôt un marché très sélectif, dans lequel chaque pièce est jugée individuellement. Une même signature peut correspondre à une montre relativement sobre comme à une création de prestige destinée à la cour royale.
Il serait donc trompeur d’affirmer que toutes les montres de Godon suivent mécaniquement une hausse de valeur. Sur ce marché, la qualité et l’histoire de l’exemplaire priment sur une cote générale de l’horloger.
Une estimation sérieuse nécessite de regarder la montre dans son ensemble. Plusieurs critères peuvent faire varier son prix de façon considérable.
Les inscriptions rencontrées sur les pièces documentées comprennent notamment « F. L. Godon » ainsi que la formule « Ro. de Camara de S.M.C. », qui renvoie à sa fonction auprès du roi catholique d’Espagne. Cette signature est documentée à la fois sur les mouvements, cuvettes et cadrans de plusieurs montres.
Une signature seule ne permet cependant jamais de garantir l’authenticité d’une montre. Le mouvement, le boîtier, les poinçons et la cohérence de l’ensemble doivent être examinés.
L’or, l’émail translucide ou opaque, les miniatures peintes et les décors historiés jouent un rôle important.
Une montre en or sans décor particulier ne possède pas nécessairement la même valeur qu’un exemplaire à émail bleu guilloché, portrait miniature ou décor royal.
La qualité d’exécution du cadran et du boîtier doit également être prise en compte, notamment lorsque ceux-ci sont associés à des artisans identifiables.
Calendrier, date, répétition, indications astronomiques ou heures du monde augmentent généralement l’intérêt horloger d’une pièce.
La montre astronomique vendue 204 250 euros en 1991 en est un exemple particulièrement parlant : son calendrier complet et ses phases de lune la distinguent nettement des montres de poche plus simples.
C’est probablement l’un des éléments les plus déterminants.
Une montre portant un portrait de Charles IV, ses armes, une inscription de présentation ou une provenance liée à la cour peut intéresser simultanément les collectionneurs d’horlogerie et les amateurs d’objets historiques.
La montre de Don Francisco de Soria vendue 41 400 euros illustre ce phénomène. Son portrait royal caché transforme la pièce horlogère en véritable objet de présentation diplomatique ou de cour.
Émail ébréché, cadran fêlé, boîtier restauré, mouvement incomplet ou pièces remplacées peuvent influencer la valeur.
À l’inverse, une montre conservant son boîtier, son cadran, son mouvement et, lorsque cela existe, sa châtelaine ou sa clé d’origine, présente généralement un intérêt supérieur pour les collectionneurs.
Une provenance documentée peut également faire évoluer le prix.
Les passages dans une ancienne collection importante, les factures, inventaires, écrins, inscriptions de propriétaires et références dans d’anciens catalogues de vente contribuent à documenter l’histoire de l’objet.
Pour identifier une montre susceptible d’être de François-Louis Godon, commencez par examiner attentivement le cadran, le mouvement et la cuvette intérieure.
Plusieurs montres documentées portent la signature « F. L. Godon » accompagnée de sa qualité d’horloger de la cour espagnole. Les cadrans peuvent être en émail blanc, avec chiffres arabes ou romains, parfois associés à une indication de calendrier. Certaines montres utilisent l’or et les émaux bleus, tandis que les pièces de présentation peuvent dissimuler un portrait miniature.
Il faut également relever les poinçons du boîtier, son numéro éventuel et toute inscription ancienne. Sur une montre en or et émail proposée en 2020, par exemple, le boîtier porte le numéro 684 et un poinçon de fabricant associé à Joly.
Évitez de démonter vous-même un mouvement ancien : une photographie des éléments accessibles suffit généralement pour une première étude.
Pour obtenir une première estimation, photographiez la montre avec suffisamment de lumière et sous plusieurs angles. Les images les plus utiles sont :
Ces photographies permettent au spécialiste de déterminer si la pièce peut être rapprochée de modèles déjà documentés et de sélectionner des comparables pertinents.
Forte de son expérience du marché de l’art, notre équipe de spécialistes réalise une estimation gratuite de votre montre François Louis Godon. Cette estimation prend en compte les résultats obtenus récemment en salle des ventes pour des objets similaires.
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Il n’existe pas de prix unique. Parmi les adjudications documentées, des montres ont été vendues 22 000 francs suisses, 42 000 francs suisses ou, pour une montre astronomique exceptionnelle, 205 000 euros. Ces résultats ne constituent pas une fourchette applicable automatiquement à toutes les pièces.
Les pièces en or et émail, les montres à complications ainsi que celles associées à Charles IV d’Espagne ou à la cour royale figurent parmi les plus intéressantes. La provenance, le décor et l’état de conservation restent déterminants.
Non. La signature constitue un premier indice, mais elle doit être mise en relation avec le mouvement, le cadran, le boîtier, les poinçons et la période de fabrication. Une étude de l’ensemble est indispensable avant d’attribuer définitivement une pièce.
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