Vous possédez une sculpture de Jean-Baptiste Pigalle ou une œuvre portant son nom ? Sa valeur peut aller de quelques centaines à plusieurs dizaines de milliers d’euros selon qu’il s’agit d’un original, d’une attribution ou d’une sculpture réalisée d’après un modèle de l’artiste.
Jean-Baptiste Pigalle (1714-1785) compte parmi les grands sculpteurs français du XVIIIe siècle. Formé notamment auprès de Robert Le Lorrain et de Jean-Baptiste II Lemoyne, il développe une sculpture à la fois réaliste, expressive et attentive à l’anatomie.
En 1744, son célèbre Mercure attachant ses talonnières devient son morceau de réception à l’Académie royale de peinture et de sculpture. Le marbre original, haut de 58 cm, est aujourd’hui conservé au musée du Louvre.
Pigalle reçoit ensuite d’importantes commandes royales et privées. Parmi ses œuvres les plus célèbres figurent L’Enfant à la cage, L’Amour embrassant l’Amitié, des portraits de Madame de Pompadour ainsi que le spectaculaire Voltaire nu.
Les résultats de vente montrent surtout l’immense différence de prix entre un original, une œuvre attribuée à Pigalle et une sculpture simplement réalisée d’après un de ses modèles.
| Sculpture | Attribution | Matériau | Prix adjugé |
|---|---|---|---|
| Portrait de Voltaire | Jean-Baptiste Pigalle, original | Plâtre, 63 cm | 26 000 euros |
| Buste d’homme | Attribué à Pigalle | Marbre, 64 cm | 4 000 euros |
| Georges-Martin Guérin | D’après Pigalle, vers 1893 | Bronze, 76,5 cm | 4 100 euros |
| Mercure attachant ses talonnières | D’après Pigalle, fin XIXe | Marbre, 60 cm | 1 600 euros |
| Mercure par Guglielmo Pugi | D’après Pigalle, vers 1880-1900 | Marbre, 65 cm | 1 500 euros |
| Mercure attachant ses talonnières | D’après Pigalle | Bronze | 1 200 euros |
Le résultat le plus significatif est celui du Portrait de Voltaire, présenté comme un plâtre original de Jean-Baptiste Pigalle. Il a été adjugé 26 000 euros en 2014 après une estimation de 20 000 à 30 000 euros.
À l’inverse, une copie en marbre de Mercure attachant ses talonnières réalisée à la fin du XIXe siècle s’est vendue 1 600 euros, tandis qu’une autre version en marbre a obtenu 829 euros.
L’appellation figurant au catalogue peut donc faire varier la cote de quelques centaines à plusieurs dizaines de milliers d’euros.
Le marché de Pigalle est particulier, car les sculptures authentiques du XVIIIe siècle sont rares en vente publique. Une grande partie des œuvres apparaissant aux enchères sont des fontes, marbres, biscuits ou terres cuites exécutés d’après ses modèles.
Il est donc difficile d’établir une progression de cote classique. Les œuvres autographes, les plâtres ou terres cuites liés directement à la création de Pigalle et les pièces bénéficiant d’une provenance ancienne constituent un marché très différent de celui des reproductions du XIXe siècle.
Le succès de modèles comme Mercure attachant ses talonnières explique par ailleurs le grand nombre de répliques produites après la mort de l’artiste. Le modèle original de 1744 est conservé au Louvre.
Pour Pigalle, la valeur dépend davantage de l’authenticité et de la date d’exécution que du seul sujet représenté.
Plusieurs critères doivent être étudiés avant d’établir une estimation.
C’est le critère principal. Les catalogues de vente utilisent des formulations très précises :
Une sculpture « d’après Pigalle » peut être décorative et recherchée, mais elle n’a pas la même valeur qu’un original du XVIIIe siècle.
La formulation exacte de l’attribution est donc déterminante pour la cote.
Pigalle travaille notamment le marbre, la terre cuite, le plâtre et le bronze.
Une terre cuite ou un plâtre original ayant servi au processus créatif peut présenter un intérêt considérable. À l’inverse, un bronze portant une signature Pigalle mais fondu au XIXe ou au XXe siècle doit être évalué comme une édition postérieure.
Le Portrait de Voltaire vendu 26 000 euros était précisément présenté comme un plâtre original, ce qui explique son intérêt particulier.
Identifier le matériau ne suffit donc pas : il faut également déterminer quand la sculpture a été exécutée.
Facture ancienne, catalogue de collection, succession familiale, ancienne vente aux enchères ou mention dans une publication spécialisée peuvent renforcer considérablement une attribution.
Le Portrait de Voltaire adjugé en 2014 était ainsi rapproché de plusieurs publications consacrées à Pigalle et considéré comme un plâtre préparatoire à la célèbre statue de Voltaire nu.
Une provenance documentée peut être aussi importante qu’une signature pour établir la valeur.
Commencez par photographier la sculpture sous tous les angles, notamment la base, le revers et les éventuelles inscriptions.
Une signature « Pigalle » doit être étudiée avec prudence. De nombreuses copies portent le nom du sculpteur parce qu’elles reproduisent l’un de ses modèles.
Le cas de Mercure attachant ses talonnières est révélateur : des versions en marbre, bronze, biscuit et plâtre réalisées longtemps après 1785 circulent régulièrement sur le marché. Certaines se vendent autour de 1 000 à 4 000 euros, très loin de la valeur potentielle d’une œuvre autographe.
Forte de son expérience du marché de l’art, notre équipe de spécialistes réalise une estimation gratuite de votre sculpture de Jean Baptiste Pigalle. Cette estimation prend en compte les résultats obtenus récemment en salle des ventes pour des objets similaires.
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Une reproduction d’après Pigalle peut se vendre de quelques centaines à quelques milliers d’euros. Une œuvre ancienne attribuée ou authentique peut atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros, voire davantage selon sa rareté et sa provenance.
Non. De nombreuses reproductions portent le nom Pigalle en référence au modèle original. La matière, la technique de fabrication, l’époque et la provenance doivent être vérifiées.
Il faut étudier le matériau, les dimensions, les traces d’outils ou de fonte, la patine, le socle et les éventuelles marques. L’original en marbre de Mercure attachant ses talonnières, daté de 1744, mesure 58 cm et appartient aux collections du Louvre.